La Manufacture de tapis de Sainte-Anne

Lors de la troisième vente Le Manach du 04 février 2011, Tours, Cité de la Soie a fait l’acquisition d’un dessin de tapis. Document peint sur toile en dimension réelle. Il s’agit d’un projet présenté au “troisième concours d’Art appliqué à l’industrie” organisé par la ville de Tours à la fin de l’année 1900. Il porte le numéro d’enregistrement n°19 des pièces présentées à ce concours. 

Mais quel est le rapport entre Tours, Cité de la Soie et un projet de tapis en laine ? Dans un premier temps, il s’agit de conserver le témoignage d’un concours municipal marquant l’implication de la ville de Tours auprès de son industrie. Les détails de ce concours vous seront révélés ultérieurement… Dans un second temps, remonter dans le temps jusqu’à la Révolution s’avère indispensable. Imaginez l’industrie de la soie et du luxe d’un côté et de l’autre les affrontements que l’on connaît. En résumé, les soieries souffrent de plus en plus du contexte économique défavorable à leur industrie. Ils ferment les uns et après les autres, sauf un, qui comprend qu’aux étoffes de soie la guerre préférera les couvertures de laines et les tapis.

dessin projet tapis - collections Tours, Cité de la Soie

En 1802, Jacques Alexandre Roze-Abraham fonda, dans le quartier Saint-Martin, une fabrique d’étoffes de laine qui se développa rapidement. L’approvisionnement en matières premières avait guidé ses choix dans la mise au point de nouveaux articles : tapis tissés et couvertures. Le succès de cette activité obligea son fils à déménager cette activité et à construire une nouvelle manufacture sur un vaste terrain en friche et marécageux, allant jusqu’à la Loire, dépendant de l’ancien prieuré Sainte-Anne. Dans ce vaste espace, un ensemble de bâtiments, dont le plus grand mesurait 50m de long, abritait tout le cycle de production : le stockage des laines (dans l’ancienne chapelle), la filature, la teinture et le tissage. S’y trouvaient également les bureaux de l’administration et de la comptabilité, des logements, des écuries et de nombreuses dépendances. Au sous-sol, une machine à vapeur datant de 1820 alimentait la teinturerie ainsi que les ateliers de cardage et de filage des laines. Un vaste terrain nu était préservé pour l’épandage et le séchage des couvertures. Bientôt , la manufacture se trouva à l’étroit. Alors, en 1845, il a été décidé d’installer la filature du coton sur l’emplacement d’un ancien moulin sur l’Indre, à Montbazon. Au lieu-dit Bourroux, un grand bâtiment en briques ainsi qu’une autre teinturerie furent ainsi construits. Des canaux, des vannes, des déversoirs, toujours visibles, furent aménagés sur le cour de la rivière et deux grandes roues de 15 CV et 25 CV furent installées pour alimenter en force motrice les différentes machines. A cette époque les progrès de la machinerie étaient rapides et au lendemain de la guerre de 1870, la région du Nord de la France avait construit un outil industriel moderne et performant. Les Manufactures de Sainte-Anne et de Bourroux ne surent pas prendre ce virage et affronter une concurrence devenue vive. Elles durent fermer leurs portes vers 1880. Question : la manufacture de Sainte- Anne ayant fermé ses portes vers 1880, y avait-il toujours une production de tapis en Touraine, comme cette rubrique du concours municipal de Tours nous le laisse penser ?

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